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Vous êtes ici : Qui sommes-nous ? > Notre histoire, ou comment nous avons mis les pieds dans l'eau
Chers amis,
Selon ma promesse faite au petit Arnaud en 2001…
Nous soutenons la scolarisation rurale, nous permettons aux enfants de jouer, nous freinons leur départ vers la rue.
Cela, en donnant de l’eau aux parents.
Mais, quelle relation y a-t-il entre les enfants de la rue et le
projet d’approvisionnement en eau des villages au Cameroun ? Pourquoi
ne pas parler simplement du manque d’eau potable en milieu rural ?
Croyez-moi, jamais cette idée me serait venue sans la confidence
d’Arnaud, cet enfant de 11 ans qui me confia : « Tata, quand tu
reviendras l’an prochain au village, tu ne me trouveras plus. Je m’en
irai faire ‘‘enfant de la rue’’ comme les autres… Eux, au moins ils
peuvent jouer ! »
Après l’observation des travaux domestiques effectués par Arnaud, la palme d’or revint à la corvée d’eau.
Sans trop savoir ce que j’allais faire ni comment le faire, je
demandais à Arnaud de me laisser le temps de faire quelque chose, en
échange de quoi, il ne devait pas quitter le village. Et ce fut affaire
conclue.
Jusque-là, l'association Passerelle Ngam, dont je suis la
présidente, soutenait les écoles rurales de la région par le don de
livres. La confidence d’Arnaud m’ouvrit les yeux sur une évidence.
Notre réponse aux problèmes des enfants ici n’était pas adaptée. La corvée d’eau reste une réalité indigne de notre époque.
Les enfants ont plus besoin qu’on les décharge de cette corvée d’eau
que de tout autre chose. Afin de pourvoir jouer, étudier, bref, entrer
dans l’insouciance normale d’un enfant. Faute de cela, en dépit du
déchirement ressenti, ils préfèrent quitter leurs parents, pour
échapper à la malédiction de ces corvées domestiques.
J’ai promis à Arnaud de relayer sa plainte auprès des personnes qui voudront l’entendre. Et ce sont successivement : les professionnels de l’eau d’Aquassistance, les paroisses de Caluire et la Presqu’île Sud de Lyon, la Coopération française au Cameroun qui, les premiers ont ouvert leur oreille à cette plainte.
Depuis 2002, le partenariat Passerelle Ngam – Aquassistance développe un modèle d’accès à l’eau potable adapté à la zone équatoriale humide :
Depuis 2002, nous avons réalisé des installations dans 9 villages du Sud Cameroun pour 8000 bénéficiaires environ. Dans ces villages commence à naître une génération qui ne connaîtra plus la corvée d’eau ! Il nous reste maintenant à amplifier cette action dans toute la région Sud du Cameroun, et, dès que possible, au-delà.
Depuis 2002 également, nous sommes témoins de la vie que de l’eau éveille dans les villages, à la fois comme outil de façonnement de nouvelles solidarité entre les villageois, les villageois et les autorités locales, entre le Nord et le Sud, et, outil de façonnement d’un service public local. Nous ne pouvons pas nous arrêter en si bon chemin. C’est pourquoi, c’est votre générosité qui fera de l’eau une affaire de tous.
Joséphine Zibi
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